Les Gourmands d'Alsace : quand le nom rêvé n'est pas possible

Un duo d'amis qui veut faire découvrir les producteurs d'Alsace, un premier coup de cœur pour un nom, et un fromage protégé qui change tout. Le récit d'une recherche de nom qui n'a pas été un long fleuve tranquille.

Les Gourmands d'Alsace : les producteurs du Grand Est, livrés chez toi

Clémentine et Marc ont une conviction commune : faire connaître les producteurs locaux du Grand Est, à travers une sélection de produits gourmands, avec authenticité et une bonne dose d’humour. Leur duo, leur amitié et leur connaissance des producteurs sont leur plus grande force.

À l’été 2025, avant de lancer leur marque, il leur manquait l’essentiel : un nom.

  • Secteur : produits gourmands et producteurs locaux
  • Lieu : Alsace
  • Accompagnement : identité de marque
  • Depuis : 2025

Le défi : un nom qui parle de l'Alsace, et qui se comprenne ailleurs

Il fallait un nom qui dise l’Alsace, la gourmandise et le partage, avec la touche fun et un brin décalée du duo. Mais aussi un nom disponible, juridiquement possible, et compréhensible par des clients qui ne sont pas tous alsaciens.

Et le premier coup de cœur du duo allait se heurter à une vraie contrainte juridique.

Ce que j'ai réalisé : un accompagnement jusqu'au bon nom

De l’atelier de départ jusqu’au choix final, j’ai accompagné Clémentine et Marc tout au long de l’été 2025. Voici les cinq étapes de ce travail.

1. Un atelier, puis cinq pistes argumentées

Tout a commencé par un atelier de brainstorming. Dès le lendemain, j’ai envoyé cinq premières pistes, chacune avec son concept, sa signature et une série de messages clés : Munster & Cie (« Monstrueusement délicieux ! »), Späck Attack, Späck & Schluck, Clic & Tisch et Stammtisch & Cie.

Ce que ça change : le duo ne choisit pas un mot sur une liste. Il voit chaque nom vivre, avec sa signature et sa façon de parler aux clients.

2. Une alerte juridique dès le départ

Munster & Cie a tout de suite été le coup de cœur. Mais le munster est une appellation d’origine protégée : son usage dans un nom de marque demande une autorisation écrite de l’INAO. Je l’ai signalé dès les premières propositions, pour que la demande soit faite avant d’aller plus loin. La réponse a été négative, et il a fallu renoncer à ce nom.

Ce que ça change : le duo n’a pas construit son identité, son site et ses emballages sur un nom qu’il n’aurait jamais pu utiliser.

3. Une liste plus courte et plus percutante

Après nos échanges, j’ai proposé dix-huit noms plus courts, chacun avec sa signature : Gourm’Alsace, Alsacadabra, Bretzelicious, Munsterpiece, Alsaclic, Terroir & Cie… Puis Clémentine et Marc ont testé les noms autour d’eux, y compris auprès de proches du Sud-Ouest : la plupart des références alsaciennes n’étaient ni comprises ni prononçables hors de la région.

Ce que ça change : tester le nom auprès de non-Alsaciens a changé la stratégie. Le nom devait parler à tout le monde, pas seulement aux initiés.

4. Un questionnaire stratégique pour y voir clair

Pour sortir de l’impasse, j’ai préparé un questionnaire en sept thèmes : vision et positionnement, personnalité de marque, clientèle cible, univers des mots, contraintes pratiques, émotions, et test de projection. Chacun y a répondu de son côté, avant de comparer leurs réponses.

Ce que ça change : au lieu d’ajouter des noms, on revient au fond du projet. Les points communs du duo deviennent le nouveau brief.

5. Analyser les réponses et proposer une nouvelle voie

J’ai analysé leurs réponses et fait ressortir leurs points forts : leur duo et leur amitié, l’aspect fun et traditionnel, la gourmandise et le partage, leur connaissance des producteurs. J’ai proposé une nouvelle piste dans cet esprit, et c’est au terme de ce cheminement que le duo a choisi son nom : Les Gourmands d’Alsace. L’identité visuelle a ensuite été créée par Papier Ananas.

Ce que ça change : le nom retenu dit simplement ce qu’ils sont, des gourmands qui aiment leur région, et il se comprend partout.

Les résultats : ce que ça a changé pour Les Gourmands d'Alsace

  • Un nom clair, compréhensible par tous, alsaciens ou non.
  • Un nom possible juridiquement, après l’écueil de l’appellation protégée.
  • Un brief de marque clarifié grâce au questionnaire, utile bien au-delà du nom.
  • Une identité visuelle construite ensuite sur ce nom.

Ce que cette histoire dit du choix d'un nom

Choisir un nom, c’est souvent la première décision qui rend un projet réel. C’est pour ça qu’on s’y attache vite, et qu’il est difficile d’y renoncer.

Deux réflexes évitent bien des déceptions : vérifier tout de suite ce qui est protégé, et tester le nom auprès de gens qui ne connaissent pas ton univers. Et un nom ne vit que par ce qu’on en fait : c’est l’histoire, l’identité et l’expérience client qui le rendent évident. Pour aller plus loin, lis créer sa marque : par où commencer ? (pas par le logo).

À lire aussi : les réalisations Pièces2Moto, une autre recherche de nom pour un duo, et L’Ancienne.

Tu bloques sur le nom de ton projet ?

Un coup de cœur impossible, une liste de noms qui ne te parle plus, ou pas d’idée du tout ? On revient au fond de ton projet, on vérifie ce qui est possible, et on trouve le nom qui te ressemble.

Découvre l’identité de marque et l’accompagnement Semis pour les créateurs.

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FAQ

Peut-on utiliser le nom d'un produit AOP dans une marque ?

En principe non, sauf autorisation écrite de l’organisme qui gère l’appellation (l’INAO en France). Mieux vaut le vérifier avant de s’attacher au nom.

En le faisant lire et prononcer à des personnes qui ne connaissent pas ton projet, y compris hors de ta région. S’ils ne le comprennent pas, tes futurs clients non plus.

Revenir au fond du projet : ta vision, ta personnalité, tes clients. Un questionnaire aide à faire émerger ce qui compte vraiment, et le nom en découle.